Arnaque par e-mail concernant des gains non réclamés
Les cybercriminels perfectionnent sans cesse leurs techniques de fraude par courriel, et l'une des arnaques les plus courantes est celle dite du « gain non réclamé ». Ces messages prétendent que les destinataires se voient devoir près d'un million d'euros, mais il s'agit en réalité d'une tentative élaborée pour collecter des données personnelles et potentiellement extorquer de l'argent. Il est important de noter que ces courriels frauduleux ne sont associés à aucune entreprise, organisation, prestataire de services, cabinet d'avocats ou autorité de loterie légitime, malgré le langage soigné qui les accompagne souvent.
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Comment l’escroquerie se présente
Les courriels frauduleux ont généralement pour objet « Dernier avis concernant le paiement d'un gain non réclamé », bien que le libellé puisse varier. Ils prétendent provenir de représentants légaux d'un fictif « Bureau espagnol des gains non réclamés ». Selon le récit, le destinataire aurait un gain crédité à son nom, d'une valeur supposée de 917 610 euros.
Pour gagner en crédibilité, le message détaille un contexte élaboré :
- Le « prix initial » s'élevait soi-disant à 896 315 euros.
- Elle aurait été détenue et « investie » pendant deux ans.
- Sa valeur aurait augmenté pour atteindre les 917 610 euros actuels.
- La date limite approche apparemment, après quoi il sera bloqué pour une nouvelle période de deux ans.
Tout ceci est entièrement inventé. Il n'y a pas de prix légitime, aucun avocat ni aucune institution réelle à l'origine du message.
Ce que les arnaqueurs veulent de vous
L'expéditeur demande au destinataire de « vérifier son identité » avant tout versement. Cette demande de vérification est au cœur de l'escroquerie. Les victimes sont invitées à fournir des informations sensibles telles que leurs nom et prénom, date de naissance, profession, adresse postale, numéro de téléphone, numéro de fax et adresse électronique.
Communiquer ces informations expose les individus à des risques d'usurpation d'identité, d'escroquerie et d'autres arnaques ciblées. Les courriels demandent même si le destinataire souhaite « faire don » de 20 % de ses gains supposés, une manipulation évidente visant à justifier de futures demandes de paiement présentées comme des frais, des taxes ou des contributions caritatives.
Signes avant-coureurs révélant la fraude
Voici quelques indices révélateurs que le message n'est pas authentique :
- Réclamations de gains inattendus que le bénéficiaire n'a jamais présentés.
- Des délais urgents associés à une pression pour agir rapidement.
- Demandes de partage d'informations personnelles détaillées.
- Évocation de la croissance des investissements ou de la mise en sécurité de sommes importantes.
- Appels à dons impliquant des « dons » facultatifs liés à des fonds inexistants.
Même des courriels bien rédigés peuvent dissimuler des intentions malveillantes. Si de nombreux escrocs commettent encore des fautes de grammaire, d'autres élaborent des messages très convaincants qui imitent le ton des institutions officielles.
Un paysage de menaces plus large
Ces courriels frauduleux ne se limitent pas aux arnaques liées à des prix. Les spams sont largement utilisés pour diffuser de nombreuses escroqueries, des fraudes au support technique, des pièges aux remboursements, des arnaques aux frais préalables, du chantage sexuel, etc. Ils constituent également un vecteur privilégié pour la distribution de logiciels malveillants. Les pièces jointes malveillantes peuvent se présenter sous différentes formes :
- Documents (PDF, Microsoft Office, OneNote, etc.)
- Archives (ZIP, RAR)
- Fichiers exécutables (.exe, .run)
- Des scripts tels que JavaScript
L'ouverture de ces fichiers peut déclencher des infections par des rançongiciels, des chevaux de Troie, des mineurs de cryptomonnaie, et bien d'autres. Certains formats de documents nécessitent une étape supplémentaire, comme l'activation des macros ou le clic sur des objets incorporés, avant l'exécution du logiciel malveillant, ce qui représente un danger supplémentaire pour l'utilisateur non averti.
Que faire si vous avez déjà répondu ?
Toute personne ayant communiqué des informations personnelles ou financières à ces escrocs est invitée à contacter sans délai les autorités compétentes. Un signalement rapide permet de limiter les dégâts, notamment en cas d'usurpation d'identité ou de fraude financière.
Rester en sécurité
La meilleure défense contre ces menaces consiste à se méfier des messages non sollicités promettant des récompenses, des remboursements ou une action urgente. Une gestion vigilante des courriels, des messages directs et des SMS réduit considérablement le risque de tomber dans le piège d'escroqueries qui exploitent la surprise, la pression et la confiance mal placée.